Les cinq raisons du succès du talk-show qui reçoit ses invités “comme à la maison”.

Ce soir, Alessandra Sublet fêtera la 500ème de “C à vous” sur France 5. Si l’on en sait peu sur ce numéro spécial dans lequel l’animatrice sera l’invitée de son propre programme, on peut cependant s’attendre à un pic d’audience, comme en réalise fréquemment l’émission en dépassant le million de téléspectateurs. Largement leader sur la TNT en access prime time, le magazine est devenu en trois ans un rendez-vous incontournable de France 5. Depuis sa première diffusion en septembre 2009, l’audience de l’émission n’a cessé de grimper passant d’une moyenne de 185 000 téléspectateurs à 886 000 téléspectateurs en décembre 2011.

Une programmation qui accompagne le temps social “C à vous” commence à 19h. Le/la chef du jour annonce le repas qui sera préparé pendant l’émission, vient ensuite l’interview apéritive, puis le dîner avec les invités et les chroniqueurs… “C à vous suit le temps du public et accompagne les téléspectateurs” explique François Jost, professeur d’université et analyste des médias. “L’émission avance en fonction du temps réel, ce qui crée l’impression d’une temporalité partagée entre la bande de chroniqueurs et les téléspectateurs” , ajoute t-il. “C à vous” propose de partager avec son public une “tranche de vie” quotidienne. "L’émission, qui continue quand elle est finie (avec le dessert dans “C à vous, la suite”) donne l’aspect d’un instantané long".

Le côté bande de copains qui ne se prend pas au sérieux Depuis son lancement en 2009, l’émission n’a pas changé de ton et mise toujours autant sur le naturel. Les chroniqueurs se parlent très simplement entre eux et font le choix de la familiarité. Ainsi, il n’est pas rare d’entendre Alessandra Sublet, surnommer Patrick Cohen, le chroniqueur politique de l’émission, “Patou”, souligne François Jost. “La force de l’émission, c’est le mélange des genres. Et puis, dans cette équipe, personne n’a le melon (…)” déclare Alessandra Sublet, qui présente sans prétention son émission et gère une équipe de chroniqueurs dans laquelle chacun a son propre rôle, et une séquence bien définie sur les médias, la culture, l’actualité politique, les buzz internet, et un regard ironique sur l’émissions de la veille sans oublier la séquence culinaire. Entrecoupés des fous rires très fréquents d’Alessandra Sublet, les chroniques s’enchaînent et donne à l’ensemble un aspect très familial, offrant ainsi une convivialité non feinte aux téléspectateurs.

Le naturel et la candeur d’Alessandra Sublet L’animatrice a toujours été claire sur ce point: elle ne se pose pas comme une journaliste. Cette jolie brunette de 35 ans donne l’impression de ne pas connaître les sujets, ni de les préparer. “Cette spontanéité, cette naïveté donne encore plus un aspect proche du téléspectateur à l’émission” analyse François Jost. En disant “j’en sais autant que mes téléspectateurs”, Alessandra Sublet s’identifie à eux, se met au même niveau intellectuel. Durant l’émission, elle suit les conversations, donne parfois son avis ou pose des questions souvent candides en demandant des précisions. Très décontractée, parfois brouillonne, elle sait toutefois être très pro et donner l’impression que l’exercice est facile. Délibérément, elle choisit de ne pas être dans une attitude de supériorité. Lorsque les interviews deviennent houleuses, elle intervient pour calmer le jeu et détendre l’atmosphère. Lors d’un échange très tendu entre Stéphane Guillon et Patrick Cohen en septembre dernier, l’animatrice glissait ainsi des “pouce, temps mort !” ou “Guillon-Cohen, The match !”  

L’aspect composite On peut retrouver dans “C à vous” des éléments repris d’autres émissions. “La séquence chanson du jour est reprise du 19.45 de M6 et les séquences qui font référence aux émissions précédentes font penser au Petit Journal de Canal +” commente François Jost. “L’émission est également réflexive dans la mise en scène. Il y a une mise en évidence du dispositif télévisuel”. On peut voir les caméras soit l’envers du décor de ce loft chaleureux aux antipodes d’un plateau impersonnel aux couleurs criardes et à l’éclairage agressif.  

Une émission “omnibus”, pour tous Infos (light), interviews politiques, recettes et conseils culinaires, bons plans culturels… Le talk-show souhaite capter tout type de public. Avec l’enchaînement des diverses séquences, le téléspectateur choisit de regarder tel ou tel moment de l’émission et peut prendre le magazine en cours de route, sans être perdu. Autre particularité: "Contrairement au “Grand Journal” de Canal+, que l’on pourrait qualifier d’émission d’’expert’, “C à vous” n’entend pas donner de leçon" , souligne François Jost. Emmanuel Maubert, Patrick Cohen ou Jérémy Michalak sont davantage dans l’information et l’échange que dans la leçon assénée aux téléspectateurs que propose Jean-Michel Aphatie sur Canal… Si les deux talk-shows diffusés en access prime time sont concurrents, ils ne jouent pas sur le même terrain.
Télé Obs. Caroline Grenon